Un nouveau blogue tout neuf pour débuter 2014. Un blogue pour vous raconter ma vie en Corée (du sud!). Lisez-moi, regardez seulement les photos si vous êtes pressés, laissez-moi vos commentaires, et n’oubliez pas de m’envoyer de vos nouvelles à vous macoree2014@gmail.com. Réponse assurée.

dimanche 7 juin 2015

Les Libériens se relèvent, encore une fois


Bonjour tout le monde

permettez moi de vous donner quelques nouvelles du Libéria et de l'Afrique de l'Ouest ou je me trouve depuis mars.

Après un total de 10 666 cas  (cas suspects, cas probables, cas confirmés) et 4806 décès (dont 192 travailleurs de la santé),  l'épidémie d'Ebola est officiellement terminée au Libéria depuis le 9 mai dernier aux critères de l'OMS (soit 42 jours après l'enterrement du dernier cas confirmé) et le pays est présentement dans une période de «surveillance renforcée».

L'épidémie a été gérée ici par le gouvernement Libérien, l'OMS, et plusieurs ONGs dont Médecins du Monde. A souligné l'aide monétaire importante fournie par les États-Unis (1.04 milliards$) avec lesquelles le Liberia a de très fortes relations diplomatiques. L'intervention d'urgence fait maintenant place à une période de transition pour la reconstruction du pays. Une majorité des centres de traitements Ebola ferment leur portes, certains partenaires se retirent, d'autres (comme Médecins du Monde) restent. Chose certaine, il y a encore du pain sur la planche. L'épidémie Ébola a mit en évidence de graves lacunes sociales, institutionnelles et politiques du pays. Le ministère de la santé a lancé un plan de reconstruction pour un système de santé résilient. L'accès à l'eau potable et aux installations sanitaires, à l'éducation, et le droits des femmes et jeunes filles sont maintenant considérés comme des priorités pour le pays. Mais Rome n'a pas été construite en une journée, et le Libéria ne sera pas reconstruit de sous peu. Les instituions comme un système de taxation efficace et l'effacement de la (grave!) corruption au niveau gouvernementales prendront du temps. Mais à voir le sourire, à entendre le rire, à ressentir la joie de vivre de mes collègues Libériens, je me dis qu'il y a de l'espoir pour tout. Les Libériens se relèvent encore une fois, et demain est plein de soleil.

Le mois de mai a aussi connu une campagne nationale de vaccination contre la polio, la rougeole, et déparasitage d'une semaine pour les enfants de moins de 5 ans. Les vaccinations de routines ont été arrêtés pendant la crise Ebola (la vaccination présentait un risque pour les travailleurs de la santé et la population évitait les hôpitaux) et depuis une épidémie de rougeole fait feu avec 500 cas reportés (sur une population de 4.29 millions.) L'organisation de cette campagne fut tout un projet nécessitant une mobilisation extrême des communautés. Puisque l'internet et les télévisions n'ont pénétrés qu'une minime partie de la population, il fallait joindre les communautés par d'autres moyens. Il y a eu les pancartes publicitaires sur la route et les messages textes reçus sur nos téléphones cellulaires (le niveau de pénétration du téléphone cellulaire dans la population est de 60%.) Mais avec seulement 47% de la population qui est lettré, le porte à porte restait une méthode cruciale. J'ai moi-même accompagné mes collègue faire du porte à porte dans les communautés rurales proches de Monrovia ... dure labeur!


 
Les Libériens se relèvent et s'organisent pour un futur pleins de promesses.




L'Ebola fait toujours ravage dans les pays voisins. Selon le dernier rapport hebdomadaire de l'OMS, 25 cas ont été diagnostiqués dans la dernière semaine de mai au Sierra Leone et en Guinée, soit une augmentation par rapport à la semaine précédente. Ce qui est inquiétant c'est que l'OMS ne peut comprendre la source d'infection de ta totalité de ces cas, laissant croire que des chaines de transmission sont toujours non détectées par les autorités. Certaines populations sont toujours résistantes à collaborer avec les autorités, cachent leurs malades, et continuent leur enterrements traditionnels qui ont tant contribué à la propagation de la maladie. L'OMS prévoit que la saison des pluies qui a commencé en Afrique de l'Ouest rendra l'accès encore plus difficile à certaines populations.

Quand j'ai commencé à me pencher sur la crise Ebola cette automne dans l'un de mes cours en Corée, j'avais déjà associé la pauvreté et le sous développement aux épidémies. À vivre ici au Liberia, je me rends compte plus que jamais de graves lacunes en matière de santé et éducation des populations et je comprends comment ces facteurs ont pu joué (négativement) dans la crise. Malgré que certains blâment la culture Africaine et les comportements des populations locales dans la crise, moi je crois fortement que le problème fut causé par les institutions si fragiles des pays. Une éducation de base, assez de nourriture, et un système de santé universel pour tous et chacun sont la clef pour une société forte.

Si vous avez envie d'en connaitre plus sur les détails de la crise Ebola, je vous invite à regarder ce reportage très intéressant (quoi qu'en anglais) fait par BBC. Les faits et les images sont crus, mais la verité est bonne à savoir.

Sur ce, je vous laisse et vous reviens le dès le 22 juin à Montréal.

Avec amour,
LAULAU

1 commentaire:

  1. Encore un texte intéressant. J'ai jeté un coup d'œil au docu sur YouTube. Merci.
    papa
    xxx

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